Jouer contre des grands maîtres simulés - Echecs et informatique sur PC-Windows

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Jouer contre des grands maîtres simulés





 




Jouer contre des moteurs simulant le jeu de tel ou tel grand maître des échecs est un luxe qu'il est tout à fait possible d'obtenir aujourd'hui. Certains moteurs sont suffisamment puissants et plastiques pour proposer des profils de personnalité crédibles. Le plus doué est incontestablement le moteur Rodent III. Son système "d'accord de personnalité", riche de plus de 80 paramètres, est capable de simuler avec réalisme même le jeu de joueurs spéculatifs comme Mikhaïl Tal.
Le moteur Prodeo est également très fort. Il propose autant de paramètres que Rodent.
Le seul problème est qu'ils sont moins bien documentés, et je ne proposerai pas de vous guider, comme je l'ai fait avec Rodent, pour l'utiliser. Prodeo propose toutefois 7 profils déjà crées simulant des joueurs célèbres.

Un autre important  pourvoyeur de joueurs simulés est l'interface Lucas Chess, qui propose une collection de "moteurs GM" riche de 16 membres, dont beaucoup sont inévitablement  les mêmes que ceux proposés par Rodent. On ne sait pas quels sont des 52 moteurs internes de LC celui ou ceux qui ont été bricolés pour parvenir à ces 16 profils. Rodent est l'un des moteurs internes de LC, mais cela ne semble pas être ce moteur, sans quoi j'aurais retrouvé quelque part les fichiers de profil correspondant. Néanmoins ces 16 profils sont tout à fait crédibles.

La dernière source de joueur simulé peut enfin provenir de certains moteurs eux-mêmes qui, avec leur configuration par défaut, ont un jeu qui ressemble beaucoup à celui de tel ou tel joueur humain.


Les limites des profils simulés

Il faut être conscient des limites des profils simulés. Ce sont d'intéressantes approximations et c'est tout. Tous se basent sur l'opinion que se sont forgée les spécialistes sur la base de parties particulièrement célèbres et/ou d'évènements prestigieux, tel que le championnat du monde.  Une fois créé, le profil d'un GM simulé jouera toujours de la même manière. Un champion humain ne fonctionne jamais ainsi. Son jeu évolue dans le temps mais aussi dans l'espace, en fonction des circonstances. Ne prenons qu'un seul exemple, celui de Vladimir Kramnik. Il est habituel de classer l'ancien champion du monde dans la catégorie des joueurs positionnels et défensifs, très forts certes mais dont les parties sont ennuyeuses. Or, dans la première partie de sa carrière, Kramnik avait un style beaucoup plus offensif et étonnait par ses combinaisons tactiques complexes. Au fur et à mesure qu'il progressait dans la hiérarchie échiquéenne, son jeu devenait plus sage et plus défensif. Mais ce n'est même pas toujours vrai ! Dans les épreuves du championnat du monde, face à des joueurs qui ne laissent pas impunie la plus petite erreur, la prudence était de mise et Kramnik affichait une préférence pour les lignes calmes. Dans d'autres compétitions aux enjeux moins importants, devant des joueurs moins prodigieusement forts, Kramnik retrouvait son style offensif et combinatoire naturel. Question: quel Kramnik est le bon ?  


Les profils Rodent

Le moteur Rodent III simule avec fidélité (et une force de plus de 3000 Elo) le jeu de 19 grands personnages de l'histoire des échecs. Auxquels s'ajoutent mes deux profils : Paul Morphy et Viktor Kortchnoï. Nous avons, approximativement dans l'ordre de la chronologie historique :

Adolf Anderssen
/ Paul Morphy / Wilhelm Steinitz / Siegbert Tarrasch / Akiba Rubinstein / Frank Marshall / Emanuel Lasker / José Raúl Capablanca / Aaron Nimzowitsch / Richard Reti / Alexandre Alekhine / Mikhaïl Botvinnik / Tigran Petrossian / Mikhaïl Tal / Viktor Kortchnoï / Boris Spassky / Bent Larsen / Bobby Fischer / Anatoli Karpov / Garry Kasparov / Vishy Anand

Les profils de chacun de ces joueurs sont dotés de bibliothèques d'ouvertures réalisées à partir des parties des champions eux-mêmes, afin de parfaire le mimétisme.

On pourra évidemment regretter de ne pas trouver dans cette liste quelques joueurs qui y auraient bien mérité une place, comme par exemple Max Euwe. Ou bien quelques uns des joueurs les plus forts de ces 10 dernières années. La collection s'arrête à hier. La présence de Vishy Anand est déjà presque une anomalie. Aucun joueur de la nouvelle génération n'est simulé - et notamment pas Magnus Carlsen, qui restera pourtant, c'est certain, comme un moment important dans l'histoire des échecs.


Tous les profils sont commentés sur cette page de Rob Jeux : "Les grands maîtres de Rodent:  21 Famous personality".

Arena est l'interface la plus adaptée pour utiliser les joueurs simulés de ce moteur. Pour l'installation voir cette page.



Lucas Chess et ses 16 "moteurs GM"

Dans sa série "Moteurs GM", Lucas Chess propose lui aussi 16 simulations de grands maîtres. Comme on pouvait s'y attendre, beaucoup - 12 pour être précis - sont déjà dans la liste des famous personality de Rodent. Mais il y a quatre inédits, qui comblent avec bonheur un vide : deux anciens,  Max Euwe et Vassily Smyslov, un senior, Vladimir Kramnik, et un jeunot,  Magnus Carlsen. Voir : "Lucas Chess : menu jouer"



Comment utiliser les bibliothèques d'ouvertures des moteurs GM ?


Pour chaque moteur GM, Lucas Chess propose une bibliothèque d'ouvertures spécifique, au format Polyglot (.bin), du nom du joueur simulé. C'est une très bonne chose mais cette bibliothèque n'est pas automatiquement sélectionnée en même temps que vous choisissez un moteur GM. Avant de lancez la partie, n'oubliez pas d'ouvrir l'onglet "Coup Initiaux" du menu des moteurs, de choisir la bonne bibliothèque et de cocher la case "Mandatoire".


Sur ce même onglet vous aurez à régler un paramètre important : à côté de "Coup de l'adversaire" vous avez un menu spinbox qui contient quatre choix :
➤"Sélectionné par le joueur" : si vous avez choisi une ouverture spécifique (en cliquant un peu plus haut sur le bouton "Ouverture") vous forcerez le moteur GM à l'utiliser.
➤Aléatoire équitable : il y aura un tirage au sort du coup à jouer mais une ouverture très rarement jouée par le GM aura autant de chance d'être sélectionnée qu'une ouverture fréquemment pratiquée. C'est le choix par défaut.
➤Aléatoire proportionnelle : tirage au sort là encore mais une ouverture fréquemment pratiquée par le joueur aura beaucoup plus de chance d'être sélectionnée qu'une ouverture rarement employée (le meilleur choix selon moi)
➤Toujours le % le plus élevée : la ligne d'ouverture la plus performante (celle qui a donné le plus de parties gagnante) sera automatiquement jouée (le moins bon choix).

Par ailleurs, les bibliothèques d'ouvertures des moteurs GM sont minuscules. La plus petite (Steinitz) ne pèse que 8 Ko ; la plus grosse (Karpov), 44 ko. Elles ne contiennent donc que les ouvertures les plus courantes du GM et les lignes seront peu développées. Je vous conseille de les remplacer par des bibliothèques plus conséquentes. Vous pourrez utiliser les bibliothèques de Rodent pour les 12 GM en commun avec ce moteur (voir "Les bibliothèques d'ouvertures de Rodent").

Pour les quatre autres, j'ai créé moi-même  les bibliothèques adéquates. Vous les trouverez en téléchargement avec les fiches sur les GM, plus bas. Copiez les bibliothèques dans le dossier "Openings" de Lucas Chess (c'est obligatoire).

Tous les "Moteurs GM" de Lucas Chess

Récapitulatif des moteurs simulés par LC : Alekhine / Anand / Botvinnik / Capablanca / Carlsen / Euwe / Fischer / Karpov / Kasparov / Kramnik / Lasker / Petrossian / Smyslov / Spassky / Steinitz / Tal.


Prodeo

Le hollandais Ed Schröder fut l'un des premiers à mettre en service des versions très largement paramétrables de Prodeo, son moteur gratuit, afin de mimer des personnalités différentes. Depuis la version 1.2, aujourd'hui inutilisable, chaque distribution du moteur contient d'ailleurs sept profils mimant les personnalités de Alexandre Alekhine, Vishy Anand, Bobby Fischer, Anatoli Karpov, Garry Kasparov, Judit Polgar et Mikhaïl Tal.
Depuis la version 2.6, Ed Schröder propose un outil en ligne de création de "personnalités". Vous le trouverez ici : http://rebel13.nl/pers26.html
Malheureusement, il n'y a pas assez d'indications pour régler en connaissance de cause les 110 paramètres proposés et personnellement, j'ai renoncé à l'utiliser, préférant me concentrer sur Rodent III.

Utiliser les sept profils de personnalité pose par ailleurs quelques problèmes pratiques car s'ils sont présents dans toutes les versions de Prodeo, y compris les plus récentes, celles-ci ne sont pas configurées pour les utiliser. Rien de bien compliqué cependant. Voir à ce sujet : "Jouer contre Alekhine, Anand, Fischer, Karpov, Kasparov, Polgar ou Tal ?"
Notez qu'il y a un profil qui n'est pas déjà pris en charge par Rodent ou Lucas Chess, celui de Judit Polgar, première femme à dépasser 2700 Elo et à se classer dans le top 10 des meilleurs joueurs du moment. Une joueuse au style flamboyant, qu'on appréciera de retrouver sur nos ordinateurs.

Gestion des bibliothèques d'ouvertures

Prodeo utilise un système d'ouvertures qualifié "d'intelligent", c'est-à-dire censé s'adapter au style de jeu du joueur. Il s'appuie sur la base de données ECO (EOC dans la terminologie de Prodeo). Intelligent mais pas assez tout de même pour choisir les lignes préférées des grands maîtres. Si vous utilisez Arena comme interface, essayez dans la mesure du possible de guider le moteur vers une bibliothèque d'ouverture dédiée. J'en mettrai quelques unes à votre disposition.



Chessterfield

Je n'ai pas encore parlé de Chessterfield, moteur à réseau neuronal livré avec un module d'apprentissage permettant de construire de nouveaux fichiers de poids à partir de plusieurs dizaines de milliers de parties au format Pgn. Nouveau fichiers de poids signifiant "style différent". Voir "Chessterfield CL i5a, moteur neuronal".
Il faut au moins 40.000 parties pour avoir un profil qui dépasse 1800 Elo et donc Chessterfield n'est pas vraiment adapté pour créer des simulations de GM. J'ai toutefois utilisé quelques subterfuges pour créer un profil "Judit Polgar" et un profil "Alexei Shirov" d'une force d'environ 1850 Elo. Ce n'est pas très puissant, d'où le nom de "MiniPolgar" et de "Petit-Shirov" que je leur ai donné. Mais les profils, accompagnés de bibliothèques d'ouvertures créée avec les parties des deux joueurs, me semblent assez réussis.




Les moteurs qui jouent comme...

Certains moteurs, avec leur configuration par défaut, ont un jeu qui ressemble beaucoup à celui de tel ou tel joueur humain. La ressemblance est plus ou moins marquée, mais pour certains, elle confine au mimétisme.

Ainsi, AdroitChess (2080 Elo) joue comme Tigran Petrossian.

AnMon (2550 Elo), Houdini (3200 Elo*) et Rhetoric (2800 Elo) ont un jeu offensif et spéculatif proche du style d'Alexei Shirov.

Komodo (3300 Elo**) est un Karpov like.

Sissa (1950 Elo), GreKo (2700 Elo) et Stockfish (3400 Elo), avec des niveaux de force très différents, sont proches du style offensif de Kasparov.

Gambit Fruit (2700  Elo) et Open Tal (2600 Elo) ont été développés pour jouer à la manière risque-tout de Mikhaïl Tal.

SmarThink (3000 Elo) est un clone informatique de Bobby Fischer.

Alarm (2200 Elo) et Mustang (2040 Elo) jouent à la manière de Viktor Kortchnoï.

Winchess (2300 Elo), moteur très équilibré entre jeu positionnel et jeu tactique-offensif, pourrait se comparer à Alexandre Alekhine et à Boris Spassky (qui ont des jeux assez proches).


*Pour la version 15a, gratuite. La dernière version d'Houdini approche les 3400 Elo
**Pour la version 9, gratuite. la version 11, plus récente et payante, dépasse 3400 Elo


Les joueurs simulés

Beaucoup de grands maîtres simulés ont déjà fait l'objet d'une fiche à l'occasion de l'article sur Rodent III.  Vous trouverez les autres ci-dessous :

Magnus Carlsen
Judit Polgar
Max Euwe
Vladimir Kramnik
Vassily Smyslov
Alexei Shirov



Magnus Carlsen

Magnus Carlsen n'est pas une personnalité très connue du grand public, comme a pu l'être autrefois Garry Kasparov, un temps son mentor. Pourtant, il n'a rien du champion du monde de passage qui chauffe le fauteuil en attendant le retour du vrai champion - ou l'arrivée du suivant. Aussi précoce que Kasparov ou peu s'en faut (GM à 13 ans), détenteur du record du Elo le plus élevé jamais atteint par un humain (2882) et bien sûr victorieux d'un nombre faramineux d'épreuves prestigieuses, dont le championnat du monde, c'est un phénomène, qui n'a pas à rougir de la comparaison avec les plus grands joueurs du passé

(photo : Magnus Carlsen par Niki Riga. Où une fois de plus Magnus semble faire la gueule).


Détenteur du titre mondial depuis 2013

En 2013, Magnus Carlsen a ravi à Vishy Anand le titre de champion du monde que le joueur indien détenait sans discontinuer depuis cinq ans.  Il le conservera contre Anand l'année suivante, contre Sergueï Kariakine en 2016 et contre Fabiano Caruana en 2018. Autre fait remarquable : il est le premier joueur à détenir simultanément le titre dans les trois contrôles de temps notés par la FIDE : "standard", "rapid" et "blitz". Car évidemment, Carlsen est aussi un redoutable joueur de parties rapides !

Ordinateur humain

Le style de jeu de Carlsen n'est pas totalement conventionnel. Pour commencer, il ne se préoccupe pas spécialement d'obtenir un avantage dès l'ouverture. Il se contente de faire en sorte d'arriver à une position solide. S'il est un bon "généraliste" des ouvertures, il n'en est pas un spécialiste, comme l'a fait remarquer Vishy Anand. Par contre il possède une vision de la situation sur l'échiquier d'une justesse qui confine au surnaturel. Sa capacité à évaluer la valeur d'une position fait concurrence à celle de puissants moteurs d'échecs tel que Stockfish, plus fort que les meilleurs joueurs humains.  
Cette maîtrise de la position fait de lui un joueur à la Karpov. L'analogie du boa-constrictor, qui prend son temps et entoure lentement sa proie en l'étouffant, autrefois affublé à l'ancien champion du monde russe, est remployée pour Carlsen, non sans raison. Dans une finale considérée à priori comme nulle, il est capable de reprendre l'avantage grâce à de petits avantages positionnels accumulés.
C'est un peu le revers de la médaille. Carlsen n'est pas un joueur offensif, adepte des coups fumants, comme il le reconnaît lui même : "Je n'essaie pas de briller par un coup flamboyant, ni d'écraser mon adversaire, mais je joue, coup après coup, en restant concentré et créatif" (interview à Numero.com). Du coup son jeu ne passionne pas les foules.

Jouer contre une simulation de Magnus Carlsen ?

C'est possible grâce à Lucas Chess. Magnus Carlsen fait partie de la série des "Moteurs GM" de cette interface d'échecs. Comme toujours avec LC, on ne sait pas lequel de ses innombrables moteurs internes a été modifié pour arriver à cette simulation. Mais le sérieux de Lucas Chess plaide pour elle (Voir "Moteurs GM").
Si besoin, téléchargez sur ICI, une bibliothèque d'ouvertures Polyglot (.bin) réalisée à partir de 2648 parties gagnantes ou nulles de Carlsen. Elle remplacera avantageusement la minuscule bibliothèque de Lucas Chess.



Judit Polgar, la "reine des échecs"


Ce n'est pas pour avoir été championne du monde que Judit Polgar laissera une trace forte dans l'histoire des échecs, mais parce qu'elle a été jusqu'à ce jour la seule femme ayant pu prétendre au titre mondial. Elle ne l'a jamais remporté mais en a été assez près, entre 1996 et 2005, période durant laquelle elle a été classée au 10eme rang et même au 8eme rang en 2004 et 2005.

Le fait est là : les femmes jouent peu aux échecs et leurs plus grandes championnes sont d'un niveau nettement inférieur aux meilleurs hommes. Non que je crois qu'elles soient moins douées pour cela. C'est plutôt un fait culturel.
Échappant totalement à ce schéma, grâce à son père, Judit Polgar a toujours répugné à participer aux compétitions féminines, préférant affronter les hommes sur leur propre terrain. Avec succès puisqu'elle a réussi à se maintenant dans le "Top Ten" des meilleurs joueurs pendant huit ans, dont quelques années en huitième position. Son plus fort classement : 2735 Elo.


Un style offensif qui paye

Judit Polgar passe pour une joueuse agressive. Son style est cependant loin d'un MiKhaïl Tal. Il est souvent prudent et positionnel, l'échange étant pratiqué même parfois comme avec réticence ; ses choix d'ouvertures sont assez conventionnels. Mais elle est capable de fulgurances. Si elle trouve un angle d'attaque, elle sort de sa réserve, prend des risques, sacrifie du matériel et se lance dans des combinaisons audacieuses et déséquilibrées mais, souvent gagnantes. C'est aussi ce qui a fait sa renommé. Le public adore les joueurs attaquants, à condition qu'ils réussissent. Ceux qui arrivent à un haut niveau sont peu nombreux et peinent en général à se maintenir. Dans sa meilleure période, de 1996 à 2004, elle aura été, avec Alexei Shirov, l'un des joueurs les plus spectaculaires du circuit. Rares sont d'ailleurs les grands noms des échecs de son époque qu'elle n'aura pas réussi à inscrire un jour ou l'autre à son tableau de chasse. On y trouve notamment Vishy Anand, Magnus Carlsen, Anatoly Karpov, Garry Kasparov, Vladimir Kramnik, Boris Spassky, Veselin Topalov...

(Photo ci-dessus : Judit Polgar en 2014 - Oliver Moody)

Judit Polgar est aussi un excellente joueuse de parties rapides. Parmi ses nombreux titres de gloire, n'oublions pas non plus de signaler qu'elle est devenue grand maître international en 91 à l'âge de 15 ans, battant d'un mois le record de Bobby Fischer.


Une famille de joueuses d'échecs

Judit Polgar, née en 1976 à Budapest, est la plus jeune d'une fratrie de trois soeurs : Susan, Sofia et Judit. Sa carrière exceptionnelle est en quelque sorte le fruit d'une expérience de laboratoire. Son père, László Polgar, enseignant hongrois d'origine juive, avait décidé de prouver que le génie n'est pas inné mais acquis. Il a obtenu, avec quelques peines, l'autorisation des autorités hongroises d'éduquer lui même ses trois filles. Il leur a appris très tôt à jouer aux échecs et les a soumis à un entraînement intensif qui a fait de toutes trois des championnes. Acquis aux idéaux socialistes, László voulait démontrer qu'un enfant correctement stimulé dès son plus jeune âge pouvait obtenir un succès exceptionnel dans n'importe quel domaine intellectuel. Il a réussi son pari, mais si l'ainé, Susan, a été longtemps au sommet de l'élite échiquéenne féminine, Sofia n'a fait qu'une carrière assez modeste. Et même si ses deux soeurs ont été de fortes joueuses, seule Judit pourrait être qualifiée de géniale.  


Fin de carrière à 38 ans

Judit Polgar a mis fin à sa carrière de joueuse d'échecs en 2014, à 38 ans, afin de se consacrer à sa famille et à ses enfants. Elle est néanmoins restée très proche des échecs, écrivant des livres, chroniquant les grandes compétitions et créant une fondation en Hongrie chargée de la promotion des échecs dans l'éducation.


Jouer contre Judit Polgar ?

En matière de simulation de Judit Polgar, vous avez deux possibilités. Le profil Prodeo version Polgar ou mon moteur Chessterfield "MiniPolgar".  

ProDeo, version Polgar : au milieu des années 90, Ed Schröder, créateur de plusieurs grands moteurs d'échecs, a été le premier à incorporer dans une console de jeu d'échecs un moteur imitant le style d'un joueur, en l'occurrence celui de la championne hongroise. Pas étonnant si son moteur gratuit, Prodeo, propose un profil à son nom (Voir "Jouer contre Alekhine, Anand, Fischer, Karpov, Kasparov, Polgar ou Tal ?")

(Photo ci-dessus : Judit Polgar en 2008, par Stefan64)

Ed Schröder a laissé ses profils de personnalité présents dans les distributions récentes de Prodeo mais a négligé de les adapter aux nouvelles versions. Quelques manipulations assez simples, que je vous indique ICI, vous permettront de le faire avec ProDéo 2.2 ou avec Prodéo 2.6. Vous pourrez jouer contre une version simulée de Judit Polgar, dotée d'une force de 2700 Elo, comparable au niveau de la championne.  
Si Prodéo-Polgar tourne avec Arena, téléchargez ICI la bibliothèque d'ouvertures au format Abk que j'ai créé avec près de 8000 parties gagnantes ou nulles de la championne.

MiniPolgar : si vous n'avez pas besoin d'un niveau de force aussi élevé, je peux vous proposer aussi mon propre moteur "MiniPolgar", à réseau neuronal, à utiliser de préférence avec Arena. J'ai employé le module d'apprentissage de Chessterfield pour lui apprendre à jouer comme elle, en lui faisant ingurgiter toutes les parties que j'ai pu trouver de la championne, soit environ 13.000. Ce n'était pas suffisant pour obtenir un niveau de force élevé, alors j'ai du "renforcer" le moteur en lui ajoutant des parties de joueurs au style proche de celui de Polgar (Shirov, Morozevich, Nakamura...). Néanmoins, la simulation est assez ressemblante.
En partie normale, le niveau de mon moteur est modéré : autour de 1800 Elo. Par contre il est meilleur en partie blitz, battant très souvent  "Jeune Maître", mon plus fort moteur Chessterfield, contre qui MiniPolgar ne pèse pas lourd en partie lente.
MiniPolgar est accompagné d'une bibliothèque d'ouvertures construite elle-aussi avec les parties de Polgar, au format Abk d'Arena.
Utilisation : téléchargez l'archive ICI, décompressez-là dans le dossier "Engine" d'Arena et installez le moteur dans l'interface (Voir "Installation et gestion des moteurs").
N'oubliez pas de lui indiquer le chemin vers la bibliothèque, "Polgar Judit.abk", qui se trouve dans le même dossier que le moteur (Voir "Arena et les bibliothèques d'ouvertures").



Max Euwe

Max Euwe est né en 1901 à Amsterdam, aux Pays-Bas ; il est  mort en 1981 dans la même ville.

Bien qu'il ait été champion du monde de 1935 à 1937, le Hollandais Max Euwe n'a pas marqué fortement de son empreinte le monde des échecs. Sans doute parce que, contrairement à tous les autres - ou presque - il est resté un amateur pour qui les échecs était moins une profession qu'un hobbie pratiqué avec passion. Docteur en mathématique, il fut avant-tout un enseignant et un universitaire, doublé d'un chercheur en mathématique et en informatique. Sur le plan théorique, son apport est modeste. Il a très bien joué, mais sans sans rien révolutionner. Il a écrit, souvent avec d'autres auteurs, de nombreux ouvrages pédagogiquement très réussis et dont certains sont encore appréciés aujourd'hui ; mais rien là-encore qui enrichisse vraiment la science des échecs.  
Il a cependant beaucoup fait pour développer la disciplines aux Pays Bas. On se souvient aussi qu'il a été un très bon président de la FIDE, dans les années soixante-dix.

Photo : Max Euwe en 1963 - Par Harry Pot — Dutch National Archives, The Hague, Fotocollectie Algemeen Nederlands Persbureau (ANEFO)


Bref champion du monde

Le tort de Max Euwe fut aussi de remporter de justesse la victoire contre le champion du monde en titre, Alexandre Alekhine, à un moment où celui-ci n'était pas au mieux de sa forme. Le joueur Franco-Russe, qui avait des problèmes d'alcool, est venu visiblement éméché à certaines parties et ce fait est resté dans les anales. Alekhine repris d'ailleurs son titre haut la main moins de deux ans plus tard et le conserva jusqu'à sa mort en 1946. Max Euwe continua cependant à jouer à un haut niveau durant une vingtaine d'années, participant notamment à sept Olympiades.  Il fut aussi, de 1970 à 1978, un président de la FIDE respecté et apprécié, qui joua un rôle positif de modérateur dans le conflit entre Bobby Fischer et la FIDE lors du championnat du monde de 1972.

Style

Max Euwe est un joueur au style assez équilibré entre tactique et stratégie positionnelle. Son jeu est clair, direct, méthodique et efficace. Il n'a pas la réputation d'être un attaquant féroce mais, bon tacticien, il lui arrivait de créer la surprise en se lançant dans des positions déséquilibrées et à double-tranchant dont il sortait souvent victorieux.  

Jouer contre une simulation de Max Euwe ?

Max Euwe a été pris comme modèle pour l'un des 16 moteurs "GM" de Lucas Chess. Téléchargez ICI ma bibliothèque d'ouvertures obtenue à partir de 1640 parties gagnantes ou nulles du champion, en remplacement de la petit bibliothèque de Lucas Chess.



Vladimir Kramnik

Vladimir Kramnik est né en 1975 à Touapsé, petit commune de la région de Krasnodar, en Russie. Ce joueur russe a été l'un de ces champions d'échecs très précoces tel que Kasparov, Fischer ou Polgar. Il a commencé à jouer aux échecs à 5 ans et à 11 ans était déjà considéré comme assez bon pour intégrer la prestigieuse école d'échecs de Mikhaïl Botvinnik.

Il n'a pas encore 17 ans lorsque ses performances exceptionnelles lors des Olympiades de 1992 permettent à l'équipe de Russie de remporter l'épreuve. Il obtient dans la foulée le titre de GMI, sans passer par la case "MI", un cas rarissime. A partir de là, sa progression sera extrêmement rapide. Après le tournoi de Linarès, où il battit Garry Kasparov pour la première fois, l'ancien champion du monde assura que le jeune joueur russe serait un jour champion du monde. Il ne se trompait pas.

(Photo : Vladimir Kramnik - Maria Emelianova / Chess.com)



Triple champion du monde

En 1993 et 1993, Kramnik fut sélectionné pour les épreuves des candidats mais fut éliminé en cours de route.  Ce n'était qu'un galop d'essai. Dans les années suivantes, il remporta un grand nombre de tournois prestigieux tandis que son jeu évoluait peu à peu. Son style initiale, tactique et combinatoire, cédait la place à un jeu positionnel plus prudent et moins agressif, une évolution qu'il pensait nécessaire, à raison, pour conquérir le titre mondial.  
En 2000, il remporte enfin l'avant dernier dernier championnat du monde "classique", qui se déroule à Londres, en battant assez nettement Garry Kasparov, qui détient le titre depuis 15 ans. Quatre ans plus tard, il doit défendre son titre contre contre Peter Leko. Le joueur Hongrois déploie un jeu hyper-défensif avec lequel Kramnik n'est pas du tout à l'aise. Il gagne, mais de justesse.



(Photo : Kramnik face à Leko - Dortmund. Sparkassen Chess Meeting 2006)


Le creux de la maladie

Les années suivantes sont difficiles pour Kramnik, qui subit une poussée sévère de spondylarthrite ankylosante, une maladie génétique provoquant d'intolérables douleurs articulaires. En 2005, il s'arrête durant six mois de jouer aux échecs pour subir un traitement lourd qui s'avèrera efficace.
Entre-temps, les deux championnats du monde concurrents ont fusionné. Il n'y a à nouveau plus qu'une épreuve "unifiée". En 2006, Kramnik, revenu aux échecs, champion du monde sortant "classique", affronte le champion Bulgare Veselin Topalov, champion du monde sortant "FIDE". La rencontre est très tendue car Topalov accuse, sans preuve, Kramnik de tricher.  Déstabilisé, le joueur russe est déclaré forfait pour une partie qui revient à Topalov. A la fin des parties lentes, le résultat est cependant égal : 6-6. Kramnik l'emporte au départage, par 2,5-1,5.



Le reflux

En 2007, Kramnik perd son titre en laissant Vishy Anand le devancer dans un tournoi en double-ronde avec huit joueurs, après quelques mauvaises parties contre Grichtchouk puis contre Morozevitch. Il a néanmoins acquis un droit à la revanche et affronte donc à nouveau Vichy Anand un an plus tard. Cette fois il perd assez nettement contre le joueur indien. Kramnik reconnaît sa défaite et avoue que son adversaire était à ce moment là  tout simplement plus fort que lui, "dans tous les compartiments du jeu". Il en identifie l'une des raisons : Anand s'est préparé avec les nouveaux outils informatiques, auxquels Kramnik ne croyait pas. C'était une erreur. "J'ai minimisé leur importance et vers la moitié du match j'ai réalisé qu'il était trop tard." avouait-il au cours d'une interview donnée au site Chess.com.

Dans les années suivantes il est systématiquement sélectionné pour participer aux épreuves du championnat du monde, sans réussir à reprendre le titre. Il restera cependant encore de nombreuses années parmi les quatre meilleurs joueurs mondiaux, ne reculant que très lentement, rang par rang...
Kramnik a cependant un problème : il n'a pas - et dit-il n'a jamais eu - le goût de la compétition. Les contraintes inhérentes à la vie d'un joueur de très haut niveau lui pèse. Il y a quelques mois, à seulement 43 ans, il a annoncé  l'abandon de sa carrière de joueur professionnel, avouant n'avoir plus assez de goût pour les échecs.  


Le style

Kramnik, joueur très polyvalent, n'est pas de ceux que l'on peut enfermer dans un style particulier. Excellent en défense, il est aussi capable de développer avec succès de complexes combinaisons tactiques. Dans ses parties de championnat du monde, il aura beaucoup joué de manière positionnel, par prudence, tant le niveau des joueurs qu'il affronte est élevé. Mais dans beaucoup d'autres tournois, où les enjeux sont moins importants (et les joueurs moins forts), on retrouve souvent beaucoup de son style initial, offensif et combinatoire.


Jouer contre une simulation de Vladimir Kramnik ?


Prodeo (2700 Elo), avec son profil par défaut, a un jeu qui ressemble à celui de Vladimir Kramnik. Mais Lucas Chess propose un vrai profil Kramnik, dans sa collection de "Moteurs GM", qui sera probablement un meilleur choix. L'interface propose une mini-bibliothèque d'ouvertures "Kramnik" au format Polyglot (.bin). Si vous souhaitez quelque chose de plus consistant, vous pourrez toujours télécharger sur Rob Jeux deux bibliothèques d'ouvertures réalisées à partir de 6981 parties gagnantes ou nulles de Kramnik, l'une au format Polyglot, pour Lucas Chess, l'autre au format Abk, pour Arena.
Télécharger "kramnik.abk"?

Télécharger "kramnik.bin"?


Vassily Smyslov

Vassili Vassilievitch Smyslov est né en 1921 à Moscou, Russie : il est mort en 2010, dans sa ville natale.

Un peu étonné de trouver un profil Vassily Smyslov dans la collection des "Moteurs GM". En effet, ce joueur Russe, même s'il a été champion du monde, n'a laissé que de modestes traces dans la culture échiquéenne. Peut-être parce que, comme Max Euwe, il était davantage un très brillant amateur qu'un joueur d'échecs professionnel…  Il a mené en effet parallèlement une carrière de compositeur et de chanteur d'opéra. Il se laissa aussi accaparer par la présidence de la puissante fédération soviétique des échecs.

Photo : Smyslov en 1977 au tournoi de Tilbourg, au Pays-Bas. Koen Suyk / Anefo



Champion du monde éphémère

Vassily Smyslov aura été durant une grande partie de sa vie un très fort joueur d'échecs, sans réussir cependant à se distinguer véritablement des grands maîtres du moment. D'où de nombreuses victoires dans les tournois internationaux et un grand nombre de sélection pour les épreuves du championnat du monde (sept en tout dont 4 finales) toutes infructueuses... sauf en 1957.
En 1954,  Smyslov avait déjà pu tenter sa chance contre Botvinnik, contre qui il fit jeu égal. Le privilège de tenant du titre permis à Botvinnik de le conserver de justesse. En 1957, Smyslov retrouva à nouveau Botvinnik face à lui. Il gagna cette fois assez nettement, mais Botvinnik exerça son droit à la revanche et repris tout aussi facilement le titre à Smyslov un an plus tard. Celui-ci redevint alors l'éternel outsider, engrangeant de nombreuses victoires jusque dans les années 80, tout en restant pour un temps "celui qui pourrait peut-être un jour, encore..."



Style

Vassily Smyslov possède un style de jeu positionnel aux traits assez peu marqués ; sa maîtrise des phases finales du jeu était cependant reconnue comme exceptionnelle.


Jouer contre une simulation de Vassily Smyslov ?

C'est possible grâce à Lucas Chess, qui propose un profil de jeu imitant le champion russe dans sa série "Moteurs GM". Si vous souhaitez obtenir une bibliothèque un peu plus consistante que la mini-Smyslov de Lucas Chess, téléchargez ICI la bibliothèque que j'ai créé à partir de 4604 parties gagnantes ou nulles de Smyslov.


Alexei Shirov

Alexei Shirov est né en 1972 à Riga, en Lettonie, à l'époque république soviétique. Marié à une Argentine, il s'est installé avec elle en Espagne et a pris la nationalité espagnole en 1996. En tant que joueur d'échecs, il a également adhéré à la fédération espagnole et a représenté durant plusieurs années l'Espagne dans les épreuves internationales. Il a néanmoins gardé des liens forts avec la Lettonie où il se rend très souvent. En 2011, il  est même retourné s'y installer. Il représente à nouveau la fédération lettone d'échecs.

Photo : Shirov en 2010 - Stefan64


Quelle orthographe ?

Lorsqu'il faut gérer de grosses collections de parties, on peine souvent avec les joueurs russes ou des pays de l'Est, dont l'orthographe varie beaucoup d'un pays à l'autre. Le cas de Shirov est l'un des pires. Officiellement, en France, il s'appelle Alexeï Chirov. Mais dans le monde anglo-saxon, c'est Alexeï Shirov, avec un "s".  Pour les espagnols, c'est Aleksejs Sirovs. Et dans les Pays Baltes, on préfère Aleksejus Sirovas. Si vous devez rassembler une collection de parties de ce joueur, mieux vaut connaître tous ses noms possibles.


Un joueur influencé par Mikhaïl Tal


Shirov est actuellement  le 78ème joueur mondial, mais il a été pendant de nombreuses années (avec des aller-retour) dans le Top Ten des meilleurs mondiaux ; et même durant une courte période le second. Son plus haut classement Elo a été de 2755, en 2008, alors qu'il se classait au 4e rang mondial.
Shirov est le meilleur joueur Letton mais ce pays a eu un autre champion d'envergure : Mikhaïl Tal. Est-ce un hasard si Shirov est comme son illustre aîné un joueur au style très offensif, qui prend des risques et ose des combinaisons complexes? Sans doute pas. Shirov joue néanmoins de manière moins brouillonne et moins casse-cou que Tal.

Le public et les aficionados des échecs adorent les parties des joueurs offensifs, avec leurs coups brillants et spectaculaires. De ce côté là, on est servi, avec Shirov. C'est pourquoi on trouve facilement 12.000 parties de lui, qui n'a jamais remporté le titre mondial, alors qu'on peine à en rassembler 3500 de Magnus Carlsen, champion du monde depuis 2013 mais dont le jeu n'intéresse pas grand monde.  
Malheureusement, les styles attaquant sont risqués et la plupart des joueurs offensifs, pour se maintenir au niveau nécessaire, ont dû mettre beaucoup d'eau dans leur vin et jouer comme les autres : positionnel et en défense. Pas Shirov, dont la devise pourrait-être: "Attaquant un jour, attaquant toujours". Tant mieux pour nous mais cela l'a probablement privé du titre mondial.


Vingt ans dans les parages du championnat du monde


Alexeï Chirov est devenu champion du monde des moins de 16 ans en 1988, puis vice-champion du monde junior (moins de 20 ans) en 1990 (à égalité de points avec le vainqueur, Ilia Gourevitch). Il n'a obtenu le titre de GMI qu'en 1992, à l'âge de 20 ans, alors que d'autres ont été bien plus précoces. Il n'en reste pas moins qu'il a été très jeune un joueur remarqué pour son style brillant et bouillant. Et qu'il a été entre 1990 et 2007 l'un des meilleurs mondiaux, sans cesse sélectionné pour les divers championnats du monde ; et arrivant très souvent assez près du titre, sans jamais réussir à l'obtenir.

Photo : Shirov en 2014, à Baden-baden - Stefan64

Sa première sélection pour le cycle des candidats date de 1990. Mais il n'avait que 18 ans et pas encore l'envergure suffisante pour se maintenir très longtemps. En 1993, il manque de peu d'être qualifié. En 1997, il fait un premier bon, mais il est éliminé en quart de finale du championnat du monde FIDE contre Vishy Anand.

Ses excellents résultats dans diverses compétitions et sa côte Elo très élevée incitent les organisateurs du CM "classique" à le sélectionner pour affronter, en 1998, le champion en titre depuis des années, Garry Kasparov. Mais les discussions avec Shirov sont arrêtées en raison de divers problème, dont une certaine mésentente avec Kasparov, qui a fait fuir les sponsors. Finalement c'est Kramnik, que Shirov avait pourtant battu lors des sélections, qui affrontera Kasparov et deviendra champion du monde "classique".

Au championnat du monde FIDE de 1999,  il est éliminé en quart de finale par Nisipeanu, un joueur pourtant à sa portée; au CM FIDE de 2000 il fait mieux : il arrive en finale mais perd encore contre Anand, un joueur contre qui Shirov aura toujours eu du mal à s'imposer. Il perd d'ailleurs à nouveau contre lui en quart de finale du Championnat du monde FIDE de 2001.
En 2002, il est  1/2 finaliste du tournoi des candidat pour le "classique" de 2004. C'est Peter Leko qui affrontera le tenant du titre, Kramnik.  

En 2005, il n'est pas présent pour le championnat du monde  FIDE, car il n'entre pas dans les critères de sélection. En 2007, il participe encore au tournoi des candidats mais, éliminé au second tour par Levon Aronian, il n'a fait guère mieux que de la figuration. Cependant, la même année, il réussit plus brillamment lors de la coupe du monde FIDE, où il est finaliste. Cette compétition servait de sélection pour le tournoi des candidats du championnat du monde de 2010, auquel cependant il ne peut participer. Pour ce qui est du championnat du monde, ce sera son dernier coups d'éclat.  En 2009, il est éliminé en huitième de finale de coupe du monde et dans les années suivantes il ne passe pas le deuxième tour. Aujourd'hui, à 47 ans, Shirov est encore dans le groupe des 100 meilleurs joueurs mondiaux, mais il n'est plus un joueur de premier plan.


Jouer contre une simulation de Alexei Shirov ?

Pour commencer, je peux vous signaler trois moteurs qui ont un jeu offensif et spéculatif assez proche du style de Alexei Chirov : AnMon (2550 Elo), Rhetoric (2800 Elo) et Houdini (3200 Elo). AnMon et Rhetoric sont moins forts qu'Houdini mais leur jeu a un aspect plus naturel. Ils ont ma préférence.

Bizarrement, alors que Shirov a un jeu très typé et donc intéressant à imiter, personne n'a jugé utile de créer un profil pour l'imiter. C'est pourquoi je vous propose mon propre moteur "Petit-Shirov", dont le fichier de poids pour Chessterfield a été obtenu par apprentissage de plus de 14.000 parties du champion Letton. Comme c'est trop peu pour permettre au réseau neuronal de jouer correctement, j'ai renforcé le fichier de poids avec des parties gagnantes des moteurs cités ci-dessus et avec des parties de joueurs humains très proches par le type de jeu (Topalov, Morozevich, Nakamura, Tal, Sutovsky...). Au total environ 42.000 parties ont servi à la constitution du fichier de poids dont un gros tiers appartient à Shirov. Sa force est modeste : environ 1900 Elo. Mais le style est là.
Comme d'habitude, j'ai créé une bibliothèque d'ouvertures au format Abk d'Arena pour accompagner la simulation. je vous invite à télécharger sur Rob Jeux, ICI, le fichier de poids et la bibliothèque Abk.



Rob Rob, novembre 2019

 
 
 
 
 
 
 
 
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